10 avril 2007
Nicolas Sarkozy est il un danger ? ... Oui !
La Société des Journalistes de France 3 a écrit:
Lorsque la Presse est muselée, le bruit de
bottes n'est pas loin...
A faire circuler sans modération !
Voici
le texte du communiqué de la Société des Journalistes de France 3
:
Nicolas Sarkozy se verrait-il déjà à l'Elysée ?
Trépigne-t-il
déjà en s'imaginant bientôt disposer des pleins pouvoirs ?
Sans doute
grisé par les sondages qui le placent en tête du premier tour, le candidat UMP
s'est récemment laissé aller à une petite crise d'autorité dans les locaux de
France 3. Une sorte de caprice régalien que l'on croyait appartenir à d'autres
temps, ceux de la vénérable ORTF.
M. Sarkozy a en effet menacé de « virer
» notre direction. Comme ça, sur un coup de tête. Parce qu'elle n'a pas daigné
lui dérouler le tapis rouge et accourir immédiatement à sa rencontre lorsqu'il
est venu, le 18 Mars dernier, participer à l'émission France Europe Express,
présentée par Christine Ockrent.
A peine arrivé, Monsieur le
Ministre-candidat se laisse d'abord aller à quelques grossièretés, estimant que
cette émission « l'emmerde » et qu'il n'a pas envie de la faire
!
Ensuite, le voici vexé de devoir attendre dans les couloirs de France 3
pour être maquillé, d'autres invités occupant déjà les lieux (et oui, France 3
ne dispose que d'une salle de maquillage). Coupable de ce « crime de
lèse-Sarkozy », voici notre direction sur la sellette. « Toute cette direction,
il faut la virer », a lâché le candidat UMP, comme le rapporte le Canard
Enchaîné du 21 Mars 2007. « Je ne peux pas le faire maintenant. Mais ils ne
perdent rien pour attendre. Ca ne va pas tarder ».
Les Français sont
désormais prévenus ! L'une des priorités de Nicolas Sarkozy s'il est élu
président de la République sera de couper des têtes à France 3. A la trappe ces
directeurs qui tardent à exécuter les courbettes.
Le Ministre-candidat
avait déjà habitué notre rédaction à ses poses agacées, à ses humeurs dans nos
locaux, face à une rédaction qui ne lui semble manifestement pas suffisamment
docile. Comme cette récente provocation gratuite à l'adresse d'un journaliste du
service politique « ça ne doit pas être facile de me suivre quand on est
journaliste de gauche ! ». Désormais, c'est à la direction qu'il veut s'en
prendre ?
La Société des Journalistes de la Rédaction Nationale de France
3 ne peut qu'être scandalisée par une telle attitude de la part d'un candidat à
la plus haute magistrature de France. Nous nous inquiétons que M. Sarkozy puisse
afficher sans aucune gêne un tel mépris pour l'indépendance des chaînes de
service public.
Non, Monsieur Sarkozy, les journalistes de la Rédaction
Nationale de France 3 ne sont pas et ne seront jamais vos valets. Ils
résisteront à toute menace pesant sur leur indépendance. Si nous devons des
comptes, ce n'est pas à un ministre-candidat, mais aux millions de
téléspectateurs, qui regardent chaque jour nos journaux
d'information.
Par respect pour eux, pour leur intelligence, nous
n'accepterons jamais aucune forme de mise sous tutelle politique. Ni de votre
part, ni de la part d'aucun autre candidat.
A bon entendeur.
La Société des Journalistes de France 3. Le 23 Mars 2007
Est-il nécessaire de rappeler que ce même Nicolas Sarkozy
avait il y a quelques mois :
- fait limoger un des directeurs de la
rédaction de Paris Match (Arnaud Lagardère, ami intime de Nicolas Sarkozy, est
actionnaire majoritaire de Paris Match) suite à la publication de photos
montrant Cécilia Sarkozy et Richard Attias ensemble. Le Ministre, frustré d'être
apparu comme le "cocu" sur la place publique, avait piqué sa petite
colère.
- fait interdire le livre de Cécilia Sarkozy. M. Sarkozy avait
convoqué l'éditeur Place Beauvau et l'avait enjoint à ne pas publier le
livre. Qu'en tant qu'individu, Nicolas Sarkozy chercher à protéger sa vie
intime, cela est compréhensible. Mais il y a visiblement une confusion des
genres et le Ministre a allègrement outrepassé les prérogatives accordées par sa
fonction.
Plus récemment, M. Sarkozy a fait préfacer la version italienne
de son livre Témoignages par Gianfranco Fini, leader d'Alleanza
Nazionale, parti de droite (extrême) au lourd héritage mussolinien.
Quand
Monsieur Sarkozy comprendra-t-il qu'on ne joue pas avec la démocratie comme avec
un vulgaire bilboquet ?
Les documents susmentionnés ne sont en aucun cas des
canulars ou l'oeuvre des délateurs de M. Sarkozy, ils sont authentiques et
vérifiables sur les sites internet officiels.
Autre fait
divers mais ô combien révélateur : la quinzaine de voitures/camionnettes de CRS
devant le siège de l'UMP, rue d'Enghien. A-t-on vu un tel dispositif devant le
siège du PS à Solférino, devant le siège du PCF, de l'UDF, etc ? Non ! Et
pourtant, ce sont les impôts des citoyens qui paient cet arsenal. Le minimum, en
démocratie, serait que tous les candidats jouissent des mêmes
dispositifs.
Monsieur Nicolas Sarkozy, histrion politique atrabilaire
dont la paranoïa n'est vraisemblablement plus à prouver, se découvre, et ce
depuis plusieurs mois, comme un homme politique dangereux, utilisant tous les
moyens -même les plus illégaux- pour arriver à ses fins.
Beaucoup refusent d'accorder un quelconque crédit à tous ces faits divers. "C'est vrai, nous sommes en démocratie, Nicolas Sarkozy, même élu, ne sera pas dangereux, etc."
Faudra-t-il que Nicolas Sarkozy censure ouvertement les
médias pour que nous ouvrions les yeux ?
Avons-nous le droit de fermer les
yeux sur des comportements annonciateurs de dérives dangereuses ?
Nicolas
Sarkozy rêve probablement de médias-ilotes, dont la mission se résumerait à
relayer la pensée officielle. Le tolérerons-nous ?
Il n'est pas trop tard ! Rendez-vous dans 12 jours...
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