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PARIS (Reuters) - Accusés de surveiller l'entourage de Ségolène Royal, les Renseignements
généraux ont reconnu avoir établi une fiche sur l'ancien directeur de Greenpeace France, Bruno
Rebelle.
Ils ont nié tout lien avec la campagne présidentielle. L'intéressé, qui a rejoint l'équipe de
campagne de la candidate socialiste ce mois-ci, a déposé une plainte pénale.
"La direction des RG reconnaît avoir produit une fiche sur M. Bruno Rebelle mais nie avoir reçu une
demande d'enquête spéciale du ministre de l'Intérieur", a déclaré un porte-parole de la direction
centrale des Renseignements généraux.
La fiche sur Bruno Rebelle a été établie quand il dirigeait Greenpeace France, de 1997 à 2003.
Elle a été actualisée à la mi-janvier, juste après son entrée dans l'équipe de Ségolène Royal comme
conseiller à l'environnement, expliquent les RG.
Ils justifient cette démarche par le fait que Bruno Rebelle était dans la "contestation
environnementale" et assurent n'avoir reçu aucun ordre du ministère de l'Intérieur.
Les avocats de Bruno Rebelle ont déposé à Paris une plainte avec constitution de partie civile
contre "X" pour "collecte et traitement de données à caractère personnel et atteinte à l'intimité de
la vie privée".
Elle entraînera, selon la procédure, la désignation d'un juge d'instruction. Bruno Rebelle a en
outre saisi la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) pour avoir accès au dossier
informatique constitué par les RG sur lui.
Me Jean-Pierre Mignard, son avocat, s'est indigné "qu'un service de police s'autorise ou se voit
missionner pour enquêter sur la vie privée" du responsable d'un mouvement écologiste. "C'est
comme cela que, peu à peu, se détricote une démocratie", a-t-il dit à Reuters.
SARKOZY PARLE D'AGITATION
Le ministre de l'Intérieur et candidat présidentiel de l'UMP Nicolas Sarkozy a estimé que
l'affaire était exploitée par la gauche.
"Je ne sais pas pourquoi ils sont si agités (...) Il n'y a eu aucune enquête, de personne", a-t-il dit à
des journalistes lors d'un déplacement dans l'Aisne.
"Je ne pense pas que c'est comme ça que Mme Royal redonnera de l'air, de la hauteur de vue à sa
campagne. Qu'elle retrouve ses fondamentaux et tout ira bien. Moi je ne céderai à aucune
polémique", a-t-il ajouté.
Des éléments de la note sur Bruno Rebelle publiés dans le journal Le Monde de vendredi
montrent que les policiers lui donnent crédit d'une bonne gestion de Greenpeace France. Il n'est pas
fait état dans les passages publiés d'éléments privés.
Selon Le Canard Enchaîné, cependant, six policiers des RG ont été détachés sur cette affaire
pendant trois jours pour examiner les conditions du divorce de Bruno Rebelle et celles d'un litige
commercial remontant à 1990.
Les RG étaient supposés ne plus suivre depuis la fin des années 1990 la vie interne des partis
politiques et devaient se réorienter vers la lutte contre le terrorisme, les violences urbaines et
l'économie souterraine.
En 2002, Nicolas Sarkozy a demandé la suppression des "notes blanches", dénuées d'en-tête de
service et susceptibles de manipulations. Un de ses proches, Joël Bouchité, a été nommé en avril
2006 à la tête de ce service.
La gauche critique le cumul par Nicolas Sarkozy des titres de ministre de l'Intérieur, où il a
autorité sur la police, et de celui de candidat officiel de l'UMP à la présidentielle.
Ségolène Royal a jugé souhaitable une enquête sur l'affaire et en appelé à Jacques Chirac.
"Une campagne électorale ne doit pas tout permettre. Il appartiendra au président de la
République d'assurer le bon fonctionnement d'une campagne électorale présidentielle", a-t-elle dit
sur les ondes de RMC/BFM.
Le Monde
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